Que du bonheur!!

Que du bonheur!!
Cette carte m'évoque des souvenirs d'enfance!!
Dire que je suis en France!!

# Posté le samedi 09 avril 2005 08:03

Mayotte!!

Mayotte!!
C'est mon île!!
Au XIIe siècle, les Arabo-Shiraziens — le terme Shiraz désigne le golfe Persique —, des groupes islamisés métissés (Arabes et Iraniens) arrivèrent aux Comores et introduisirent la religion musulmane. L'islamisation s'imposa dans toutes les Comores; la première mosquée de pierre fut construite à Mayotte en 1566 dans la ville de Chingoni (qui s'appelle maintenant Tsingoni). Puis, les alliances politiques et matrimoniales des Arabo-Shiraziens avec les chefs comoriens entraînèrent un changement de l'organisation politique et la création de sultanats.
Vers le XVIIIe siècle, des Arabes originaires du Yémen, se déclarant les descendants du Prophète, s'allièrent aussi aux familles comoriennes nobles et contribuèrent ainsi à l'établissement de nouveaux lignages matrimoniaux, surtout à la Grande-Comore et à l'île d'Anjouan. C'est de cette époque que datent les documents écrits et les manuscrits en langue arabe, en swahili ou en comorien, le tout présenté en alphabet arabe.

# Posté le lundi 11 avril 2005 15:54

Modifié le mardi 12 avril 2005 16:08

Mayotte

Mayotte
A LA RENCONTRE DES PREMIERS OCCUPANTS DE MAYOTTE
IMPLANTATION DES MALGACHES DANS L'ILE
Si vous demandez aux jeunes Mahorais pourquoi certains dialectes de Madagascar ne sont utilisés qu'à Mayotte et non pas dans les trois autres îles de l'archipel, la réponse sera inévitablement « à cause des incursions de pirates Zana Malata». D'autres attribueront ce particularisme à l'arrivée d'Andriantsoly et de ses partisans à Mayotte.
Différents auteurs, et non des moindres, réfutent pourtant ces deux théories et s'opposent par la même occasion à la tradition commune des lettrés locaux qui ne voient dans les « Wabushi » que des immigrés récents. Ainsi Jean-Claude Hébert, l'historien bien connu des Mahorais, développe ainsi son argumentaire « Les Malata ces pirates malgaches venus razzier Mayotte ainsi que les autres îles Comores de 1792 à 1817, et venus pour l'essentiel de leurs troupes de la côte Est malgache, n'emmenaient pas de femmes avec eux et n'avaient nul désir de s'installer dans l'île... Ces pirates n'ont pu, en conséquence, laisser de traces manifestes. Ils n'en ont laissé ni à Anjouan, ni à la Grande Comores, et l'on voit mal pourquoi il en aurait été différemment à Mayotte. Même s'ils ont eu des enfants naturels sur place, ces derniers n'ont pas pu connaître leur père, et l'on ne comprendrait pas comment, dans de telles conditions ils auraient pu apprendre la langue shi-bushi. Il faut donc se rendre à l'évidence : il existait une population shi-bushi (sic) avant les invasions malgaches aux Comores et avant l'arrivée d'Andriantsoly. Peut-être même, ce dernier a-t-il choisi de se réfugier à Mayotte plutôt que dans l'une des trois autres îles parce qu'il savait y trouver des congénères malgaches capables de le bien accueillir, principalement dans le milieu antalaotsy ».
La même argumentation est valable, selon l'auteur, au sujet des partisans sakalava d'Andriantsoly qui ont dû prendre des femmes mahoraises en arrivant à Mayotte et se sont fondus dans la population en place. Leurs enfants n'ont pu, selon toute logique, former la population Mbushi.
On ne doit pas non plus oublier que les razzias malgaches -la tradition retient d'ailleurs qu'il s'agissait de Betsimisaraka et de métis portugais/sakalava concernaient aussi la Grande Comore et l'île d'Anjouan. Cette dernière est certainement celle qui en a le plus souffert. La grande cité de Domoni, ancienne capitale des sultans, était la clé de la côte orientale. Dans une position très forte c'est elle qui défendait Anjouan contre les incursions des guerriers malgaches. En cas d'alerte, dès que les pirogues de l'ennemi étaient en vue, les gens battaient le tambour de guerre. A ce signal: les bouviers et les bergers des environs venaient abriter leurs personnes et leurs troupeaux dans la vaste enceinte de la cité protectrice. Détruite en 1790, il ne reste plus de l'ancienne splendeur de Domoni que des mosquées en ruines et quelques nobles demeures délabrées.
En 1805, toujours à Anjouan, les pirates envahissent Iconi après des combats de plusieurs jours. Le fameux Karibangwe, un personnage entré dans la légende, extermine à lui seul trente-huit assaillants avant d'être tué à son tour. Les femmes de la ville, réfugiées sur le cratère voisin, se jettent du haut de la falaise dans la mer, pour ne pas être emmenées en esclavage.
A Mohéli, c'est l'histoire de la royauté qui est fortement liée à celle de Madagascar, parce que l'île a eu une dynastie régnante originaire de la Grande île. La tradition retient également que certains villages sont d'origine malgache. Et pourtant on ne trouve pas dans cette île de locuteurs malgachophones.
Après le décès survenu le 28 iuillet 1828 du roi de Madagascar, Radama 1er, les intrigues de cour évincèrent le prince Rakoto, neveu du défunt, au profit de la première femme de Radama qui prit le nom de Ranavalona. Cet événement fut suivi du massacre systématique de la parentèle du souverain défunt. L'un de ses cousins Ramanetaka parvint à échapper au carnage et on le retrouve occupant le trône du sultanat de Mohéli en 1833 et sous le nom de sultan Abderrahman à partir de 1835.
La tradition rapporte que quelques mois avant sa mort survenue en mars 1841, Ramanetaka fit reconnaître comme son successeur, sa première fille qui avait à la fois un prénom malgache malgache, Soudi, et un prénom arabe, Fatima. Djoumba, princesse Fatima inspira une littérature abondante du fait de son étonnante personnalité, perpétuellement tiraillée entre les influences fançaise et arabe. Un comportement étrange, aux dires de ses contemporains que d'aucuns n'hésitaient pas à qualifier de cas pathologique ou de duplicité. Pour d'autres ce n'était là que « sensiblerie capricieuse de femme ".
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# Posté le mercredi 13 avril 2005 13:03

Modifié le mercredi 09 mai 2007 16:06

0rigine de Mayotte

0rigine de Mayotte
C'est l'ethnologue américain Jon Breslar qui l'affirme dans une étude réalisée en 1978 intitulée : Une perspective ethnologique . Je cite:« Mahorais » est une appellation nébuleuse et composée qui, selon le contexte, peut signifier ou non la fusion de plusieurs groupes raciaux, culturels et linguistiques... Ce diagramme, (qui) comprend les peuples de trois catégories raciales (africaine, asiatique, et méditerranéenne) et trois familles linguistiques (bantu, sémitique et malayo-polynésienne)... Les crochets (NDLR : guillemets), par exemple, indiquent que les premiers Mahorais étaient distincts du point de vue ethnique des émigrés shiraziens et africains. Quelques siècles plus tard (sinon plus tôt) ils sont tous devenus « Mahorais ", par contraste avec les envahisseurs malgaches. Lorsque les Français annexèrent Mayotte, toutes les populations ci-dessus étaient mahoraises, par contraste avec la population européenne ".
Mais à quels groupes ethniques appartenaient ces premiers Mahorais distincts, nous dit-on, des Shiraziens et des Africains ?

DES THEORIES QUI NE FONT PAS L'UNANIMITE
Tenter de retrouver les caractéristiques raciales et linguistiques des premiers occupants de Mayotte dans le but de préserver la mémoire, est une entreprise plutôt aléatoire, compte tenu de la véritable mosaïque de peuplades qui se sont croisées, rencontrées, affrontées et métissées dans le canal de Mozambique, antérieurement au IXè siècle, et aussi parce que les sources écrites sont rares. La tradition orale qui tient une place prépondérante dans toute quête identitaire, n'est cependant pas entièrement fiable, la mémoire humaine étant infaillible et, de plus, un siècle ou deux plus tard, elle a de fortes chances d'être sélective.
D'autant plus que les hypothèses contradictoires et les opinions radicales de certains historiens, par le passé, n'ont fait qu'entretenir la confusion. Certains réfutent ce qu'ils affirmaient péremptoirement il y a quelques années. D'autres sont contestés aujourd'hui par leurs confrères qui se réfèrent à d'autres découvertes. Les quelques exemples qui suivent en sont l'illustration:
- L'hypothèse de l'arrivée des premiers locuteurs malgaches dans l'île, seulement au début du XVIè siècle, est battue en brèche :
De récentes études réfutent la migration mythique à Mayotte, vers 1505, à partir du Boëny malgache, du prince sakalava Diva Mame accompagné de ses troupes. Selon la tradition, les nouveaux arrivants auraient débarqué dans une baie au sud-ouest de Mayotte, à laquelle ils donnèrent le nom de Bouéni, en souvenir de leur patrie. Ensuite, ils auraient fondé un village, qu'ils appelèrent Koilé.
Ce récit, rapporté par le procureur impérial Gevrey - premier Européen a avoir écrit un ouvrage sur l'archipel des Comores - dans Essai sur les Comores (1870), repose sur une tradition orale recueillie par le Cadi Omar Ben Aboubacar dans un
manuscrit rédigé en swahili. L'historien Jean-Claude Hébert le qualifie d'éminemment suspect (4) . Il y relève un certain nombre d'incohérences énumérées ci-dessous, propres, selon son analyse, à semer le doute sur la véracité des faits :
. La dénomination des migrants est un anachronisme car le terme ethnique « sakalava» n'apparaît que vers 1700.
. En outre il n'est pas certain que le mot diva soit d'origine malgache. Diva est le nom générique donné par les Indiens aux îles de l'océan Indien (Maldives, Laquedives), du mot sanscrit diva, « l'île ».
. L'historien s'étonne aussi du nom de Koilé, donné au village nouvellement fondé - dont il ne reste d'ailleurs aucune trace- le toponyme n'étant pas malgache mais africain. Il aurait été plus simple pour les immigrés, observe-t-il àjuste titre, de donner au village le même nom qu'à la baie. Si migration, il y a eu, les nouveaux arrivants n'étaient pas des Malgaches.
J.C. Hébert en déduit qu'il y aurait ici, semble-t-il, confusion dans la tradition et interférence entre la princesse Main Kwalé, soeur de Main Tsingo, à qui l'on attribue la fondation du village de Kwalé, près de la rivière du même nom (Nord-Est de l'île), et Diva Mamé, héros de l'épopée contestée.
Mais l'argument massue est que l'épopée de ce prince est ignorée des traditions sakalava.
Il semblerait donc que la tradition orale ait pris naissance de l'homophonie des deux baies, l'une à la côte malgache, l'autre sur le littoral sudouest de -Mayotte. Bwé étant un mot swahili signifiant « pierre » et ni étant la particule indiquant le locatif, Bwéni a le sens de « là où il y a des pierres » (ou des rochers).
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# Posté le mercredi 13 avril 2005 13:15

Mayotte(répartition linguistique)

Mayotte(répartition linguistique)
EPOQUE CONTEMPORAINE
Quel est le constat actuel sur cette division linguistique de Mayotte que Jon Breslar contestait il y a vingt ans? Afin de limiter tout risque d'interprétation erronée en voici les termes exacts :
«En s'appuyant sur l'hypothèse qu'on ne parle qu'un dialecte principal dans chaque village, Allibert formule une division linguistique de Mayotte et conclut que « les villages mayottais (c'est-à-dire ceux dans lesquels on parle le dialecte comorien) représentent 61% de la population et les villages malgaches 30% de la population. Qu'est ce qu'un « village mahorais » ou « malgache »? Que veulent dire ces pourcentages? Nos données indiquent, tout d'abord, que les villages de Mayotte, vus comme des entités séparées, dessinent une mosaïque linguistique qui peut se diviser en unités d'un seul ou de plusieurs dialectes.»
Plus avant l'ethnologue américain tout en reconnaissant l'hétérogénéité des villages mahorais, en attribue la cause non pas à une différentiation ethnique mais à l'appartenance ou non au même « kabila » ou au même « m'raba ». Il n'en demeure pas moins que pour des causes diverses qui peuvent être, par exemple, des mariages dans la même section d'un village, en vue de préserver l'unité familiale et ne pas encourager la séparation spatiale des miraba, ou tout simplement dans le souci de ne pas disloquer des parcelles de terres, ces motivations ont eu pour conséquence de renforcer les limites ethniques. Nous verrons plus loin que les fondateurs de certains villages composés d'ethnies différentes tenaient à délimiter, avant toute chose, le quartier assigné à chaque groupe. Ainsi à la fondation de M'tsangamboi (commune du nord de l'île) par un Grand Comorien et un Malgache, chacun des chefs s'établit avec sa famille aux extrémités opposées de la plage, créant deux voisinages dénommés Bushini «là où vivent les Malgaches» et Maorini, «là où vivent les Mahorais". Cet exemple n'est pas exhaustif : de nos jours les villages à dialecte malgache principal constituent l'exception et l'antalaotsi s'est réduit comme peau de chagrin puisqu'il n'est plus parlé qu'à Poroani et Ouangani.
Rappelons que, selon Breslar, dans deux tiers au moins des villages on parlait soit un dialecte bantou principal (mahorais, anjouanais, grand-comorien) soit un dialecte malgache, sakalava ou antalaotsi.
Dans la dernière partie de ce dossier une étude sera consacrée aux causes de l'érosion des parlers malgaches (shibushi). Aujourd'hui de très anciens villages malgaches sont encore disséminés tout au long des zones côtières. La majorité d'entre eux est entièrement malgachophone. En remontant du sud vers le nord, ce sont : Bambo-Est, M'Bouini, Passi-Kely, M'Ronabeja, Kani-Kely, Chirongui, Poroani, Ouangani, Chiconi, Sohoa, M'tsangarnouji, M'tsangadoua, Handrema.
La compréhension du shimaore dans ces villages typiquement malgaches, à défaut de sa pratique, devient une réalité, compte tenu du désenclavement opéré ces dernières années et de l'attraction de la zone urbaine chez les jeunes à la recherche d'emplois.
D'autres villages côtiers sont bilingues à dominante malgache : M'tsamoudou, Bambo-Ouest, Dapani, Kani-Bé, Mavingoni, M'Jago, Handrema. Majicavo Koropa, bilingue il y a quinze ans, avec une population anjouanaise et malgache et Majicavo Lamir autrefois bilingue (shimaore - shibushi) sont aujourd'hui presque entièrement de langue comorienne. Mamoudzou, le chef-lieu de Mayotte, les grands villages de M'tsapéré et Passamainty (Nyambo Titi), autrefois à majorité malgache (et même antalaotsi pour M'tsapéré) parlent majoritairement une langue comorienne de nos jours.
M'zouazia, village classé de langue shimaoré, était malgache et anjouanais entre 1905 et 1910. Le village de Pamandzi, en Petite Terre (l'ancien chef-lieu), a connu en une trentaine d'années un bouleversement spectaculaire. Ancien village malgache, classé comme utilisateur des quatre dialectes en 1978, il est aujourd'hui considéré comme village de langue comorienne. La langue malgache n'est plus utilisée que dans le quartier de Sandravangue par les personnes âgées.
Un particularisme mérite cependant d'être mentionné : c'est à Pamandzi (et surtout dans les quartiers de Mangafouté, Télécom, Cavani, Sandravangue, Jardin et Bandarabassi) que l'on dénombre le plus de familles francophones, jeunes enfants compris, sans distinction d'origine.
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# Posté le mercredi 13 avril 2005 13:19

Modifié le jeudi 14 avril 2005 04:00